L'Apocalypse

Deux visions de l'Apocalypse

Frédéric Voisin s’est imposé par son travail d’illustration et de peinture abstraite. Son œuvre pictural dénote un intérêt pour la matière pure : jeu des pigments, leur couleur, leur matérialité, usage du vernis transcendé jusqu’à devenir un élément du motif. Avec l’estampe, Frédéric Voisin explore un tout autre mode d’expression : la gravure sur linoléum qui découle de la technique de la gravure sur bois.

Mais étonnamment en changeant de technique, l’artiste change aussi de motif. Il se tourne vers la figuration et explore une iconographie traditionnelle. La série des Vanités anatomiques se rattache ainsi à un sujet maintes fois représenté.

Et pourquoi ne pas aborder un sujet peu traité par les artistes et pourtant iconographiquement très riche : l’Apocalypse ? Cette idée, venue spontanément en écho à la série gravée de Dürer conservée à Reims au Musée-Hôtel Le Vergeur, nous a lancé dans une magnifique aventure.

L'Apocalypse selon Frédéric Voisin

La série en couleur de Frédéric Voisin vous invite à découvrir le texte de l'Apocalypse, accompagné de quelques clés de lecture. Certains passages non illustré ont été coupé. Les extraits proviennent de la traduction oecumenique de la Bible. Pour faciliter la lecture, les numéros des chapitres et des versets ont été supprimés. Les titres ne correspondent pas forcément à ceux des chapitres du texte.


L'Apocalypse selon Albrecht Dürer

Communier avec le maître incontesté de la gravure ne se refuse pas. Pourtant si ses premières planches sont proches des compositions de Dürer, très vite, Frédéric est revenu à la source, au texte lui-même. Il s’est intéressé aux commentaires, à l’exégèse et a développé sa propre interprétation graphique des visions et des symboles. Il a détaillé certains passages (trois planches VI en clin d’œil au célèbre chiffre de la bête), développé des éléments ignorés par le maître de la Renaissance (comme les sauterelles, cinquième fléau qui s’abat sur la terre à l’ouverture du septième sceau)… Une fois le travail sous les yeux, la « révélation » était là. Il ne s’agissait plus de Dürer ou même de Voisin. Il s’agissait de redécouvrir ce texte si célèbre et pourtant si méconnu.

Extrait de la préface du catalogue "Deux visions de l’Apocalypse, XVe – XXIe siècle, Albrecht Dürer – Frédéric Voisin" par Amélie Beaujouan, Responsable scientifique de collections.